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à l'encontre d'une pensée orwellienne

L'ère se goberge d'annonces techniques fumeuses, de révolutions coperniciennes en cascade, de technologies de rupture, de jaillissements de brevets en grappes, d'innovations sensationnelles, coups de boutoirs publicitaires dans les média si heureux d'avoir du spectaculaire à se mettre sous la dent, incitant surtout à la paresse intellectuelle: c'est nouveau, donc c'est bien.

Des conquêtes techniques pas formellement inintéressantes, soit. En cela qu'elles permettent une approche de qualité éventuellement respectable à encombrement ou coût plus faibles, ouvrant sur une intégration facilitée dans un environnement plus varié.

Mais reconnaître certains exploits industriels ne signifie pas qu'ils répondent aux revendications les plus strictes ou affinées, ni qu'ils renvoient du côté de Neandertal des techniques éprouvées, au risque de confusions regrettables entre la mode technologique éblouissante et le raffinement technique atemporel.

La pensée technologique se réfugie souvent derrière une information chiffrée simplifiée, une pensée étroite schématisant - en vue d'un résultat ciblé - un contexte bien plus large ; démarche scientifique, peut-être, et alors ?

La puissance d'un matraquage orwellien représente à la longue la principale compétence des faiseurs de miracles technologiques en audio. On nous endort, on nous embobine, on nous décérèbre.

La CMS ne peut pas tout, certains composants formellement qualitatifs ne sont pas réductibles.

La multiplication des haut-parleurs de technologies prétendues complexes dans une même boite arc-boutée sur des cintres en aluminium n'a pour conséquence que de bomber le torse, pas de balancer la vitesse du swing. Le résultat est un prix élevé pour simuler une originalité qui à l'arrivée n'est qu'une béquille coûteuse à la vacuité créatrice.

Si la modernité technique permet des progrès dans bien des domaines, elle ne répond pas à tout dès lors qu'elle est mal employée ou inutile. Un Airbus embarque certainement beaucoup plus de technologies apparentes qu'un Cap 432, pourtant, côté voltige, le second est plus agile et sa gamme acrobatique dépend essentiellement de la virtuosité du pilote, comme le piano dépend du pianiste.

Or, la musique est acrobaties, pas un vol au long cours.

nous créons

des classiques

Parfois revient à l'esprit, nonobstant les assauts du mensonge commun ou de l'auto-persuasion, qu'un violon est en bois (soit, il y a des exceptions), qu'un homme est de chair, de sang, de larmes et d'espoir, rouvrant l'espace liberté, improviste, frontières abolies et abstraction des nombres.

Sans refuser ce qu'apporte une forme de « progrès », on se dit alors qu'il est plus pertinent de condenser les résultats du travail patient, tranquille, approfondi, qui s'étend sur des décennies, synthèse d'un savoir amoncelé autour d'instants d'émotions fulgurantes imprimées sous la peau, effectué par des passionnés qui jamais n'ont oublié l'essence originelle : La Musique est un art majeur, la haute-fidélité un passeur noble.

Et accepter que cette démarche n'autorisera pas forcément à obtenir des produits de toutes tailles, ou vraiment bon marché. Encore faut-il relativiser ce dernier point car l'erreur est plus ruineuse qu'un investissement sagement construit. Nos ouvrages, inscrits sur les fondamentaux de la musique, s'inscrivent à long terme contre la frustration.

Un classique coûte parfois cher mais ne se démode pas : ppfff entend créer des classiques.

On entend déjà le choeur des indignés : ces inconnus prétendent faire mieux que d'augustes sociétés armées d'un bataillon d'ingénieurs ? C'est un débat vain : un luthier compétent produit des instruments plus habités qu'un industriel doté de gros moyens. Un souffleur de verre traditionnel fabrique des objets d'une richesse et complexité artistique qu'aucune machine ne sait égaler.

Ainsi, une bardée d'ingénieurs surpasse-t-elle la créativité d'une poignée d'enthousiastes armés de dizaines d'années d'expérience concrète ? Peut-elle retrouver l'intelligence des mains indispensable au développement d'objets aussi complexes que des enceintes à pavillon arrière, l'expérience des montages lâches de matériaux alternés pour diffuser les modes vibratoires, la connaissance vécue des composants électroniques, la longue culture d'oreilles dévouées à l'étude des « phonèmes » de la musique depuis des décennies ?

Rajoutons que certains produits ne sont développables que par des petites structures qui n'ont pas la contrainte du développement vertical, c'est-à-dire par réduction ou grossissement d'un même produit pour proposer une gamme qu'il faut en outre renouveler souvent pour rester en tête de liste, alors qu'un bon produit est impérissable et donc problématique dans la nécessité « marchandisage » d'un renouvellement perpétuel.

De même, certains produits n'ont de sens que dans le cadre de petites structures parce qu'elles n'ont pas à prétendre à l'universalité. La Hifi s'est enfermée dans la pensée réductrice que, pour plaire au maximum de monde, il faut penser compromis. Alors que pour aller au bout d'une intransigeance élective, il faut les combattre avec opiniâtreté acceptant que la majorité démocratique n'a pas toujours raison.

chez ppfff
chaque étude est unique

Chaque charge acoustique est un développement en soit et l'évolution de gamme est horizontale par un degré croissant de luxe dans le choix des composants, chaque produit s'inscrit dans le long terme ; après tout c'est ça la haute-fidélité, non ? Un engagement dans la durée.