.

Le refus d'être assimilé

De près comme de loin

rien ne révèle
les spécificités de nos
réalisations

De loin rien ne distingue vraiment nos émissaires lyriques de ces abondants machins qui illustrent les feuillets des revues de l'autocélébration.

De loin, rien ne révèle quoi que ce soit de la contestation viscérale, le refus d'être assimilé à cette triste forfanterie musclée d'une haute-fidélité qui a perdu le Nord Magnétique.

De plus près, les équipements de nos objets sont peu montrables parce que les principes techniques choisis ne le sont pas pour être jolis, les haut-parleurs embarqués ne sont pas particulièrement « beaux » ou poseurs ou polis comme des carrosseries de berline de luxe, les sous-ensembles complexes des charges n'utilisent pas des matériaux sélectionnés pour leur attrait visuel ou consensuel.

Si après avoir compris notre démarche vous êtes intéressé, demandez-nous des détails techniques, plus d'images.

Oh, pas comme une récompense : si nous sommes snobs, ce n'est pas sur un critère sélectif... Des images pour une entrée en contact plus directe. Plus personnalisée, comme le point de ponctuation d'une rencontre.

.

Parlons de vous, parlons de chacun

Parlons de vous,

elle ou lui, moi, nous parfois,

parlons de : "Chacun"

et d' "Aucuns"

Parlons-en car « Chacun » a sa propre relation à la musique, n'est-ce pas ?

L'importance qu'il lui accorde, la part d'engagement ou plaisir qu'elle revêt dans son quotidien, perception cérébrale ou fusionnelle, caresse voluptueuse ou coup de poing, accompagnement émotionnel ou catharsis, le rôle qu'elle joue dans la vie, les affects, le développement personnel, l'être social, la volupté, la paix intérieure, la joie de danser, chanter, siffloter, suffoquer, un besoin de recueillement ou de chocs au plexus...

On pourrait dès lors supposer que l'orientation de la reproduction musicale ne serait pas la même pour tous ;  le choix d'une «  chaîne  » - quel curieux mot : chaîne de l'évolution ou joug technique ? - serait fondé sur des critères adaptés à « Chacun », parfois impénétrables pour les autres.

Absolument pas !

C'est malencontreusement sous couvert de la subjectivité que la Hifi mondiale s'est autorisée petit à petit à ne plus respecter l'expression naturelle des interprètes, à déformer les portraits, gommer les disparités, délaissant l'origine du désir au profit d'un artefact, amalgame confus entre l'émission artistique, acte objectif, et la réception qui peut être subjective.

D'« Aucuns » peuvent incontestablement préférer une repro-duction très déformante de l'élocution poétique, l'ajout d'une moustache sur « La Joconde », la photographie originale déformée d'aberrations ou filtres, et en tirer des émotions qui n'appartiennent qu'à eux.

Mais d'autres peuvent, comme Vous, comme Nous, aspirer à une quête heuristique du vrai, une prospection de vérité fondamentale, s'accointer au plus près à l'humanité derrière le son, humer l'accord à cœur, chalouper sous un swing insaisissable, cheminer dans l'espace dédaléen où se fondre dans la contemplation du discours est jouissance, sans cause ni alibi, trépider à l'intonation sublime de l'interprète au naturel, surveiller fiévreusement ses murmures, pouffer à ses grimaces, mimes, minauderies, temporiser à ses exagérations, trembler aux précautions voulues par le conteur, percevoir l'histoire qu'il déroule, sans fard ni déformation plus ou moins jolie ou spectaculaire, accommodante trahison du verbe.